Meilleur Ouvrier de France

En 2007 j'ai été lauréate pour la dorure sur bois du 23ème concours "Un des Meilleur Ouvrier de France".

Consultant en 2006 le révérenciel et le sujet du concours MOF pour la dorure sur bois, j’ai trouvé le thème de cette année-là – les quatre saisons- intéressant et offrant beaucoup de possibilités sur le plan de la création artistique et du travail de dorure.

Le cahier des charges était plutôt bref, 10 lignes tout au plus : le thème, 4 panneaux, les dimensions, et l’articulation de ces panneaux avec des charnières de paravent. En bref il fallait décliner toutes les techniques de la dorure à la détrempe sur bois de la manière la plus virtuose possible, le dos de l’oeuvre devant être en harmonie avec la face et joindre un petit descriptif de la démarche adoptée pour la réalisation de ce travail.

J’ai passé beaucoup de temps à la réalisation de cette œuvre, au moins 600 heures, sans compter toutes les heures de recherche, de documentation, de dessin, de maquette, de réflexion…

Le fil conducteur que j’ai choisi, a été de montrer comme les saisons sont le plus souvent perceptibles de ce lieu de nature “construite” et architecturée qu’est le jardin. Ce lieu est symbolisé sur mon paravent par les treillis des portes de verre où grimpent des fleurs propres à chaque saison. Du jardin, on aperçoit le paysage de la campagne, une invitation à contempler une nature plus vaste, à explorer le reste du monde.

J’ai toujours aimé dans mon travail avoir des surprises, et j’ai pu en vivre : surprise d’une merveille découverte dans un lieu tout humble, ou d’une dorure magnifique cachée sous des badigeons infâmes, aussi je souhaitais créer des surprises dans ce travail de concours: quand on ouvre la porte du jardin, ce n’est pas la campagne que l’on découvre, c’est de l’intérieur de nos maisons dont il s’agit. Intérieur marqué par les saisons, dans la décoration, reflet de notre propre intériorité, de nos humeurs, printanière ou hivernales, automnales ou estivales.

La réussite de ce concours a été une grande joie. Joie également de lire la fierté dans les yeux des miens. Fierté personnelle aussi, d’avoir accompli ce travail et réussi ce challenge, qui reste pour un métier comme le mien, la plus haute reconnaissance d’un savoir-faire d’excellence.