Il y avait un jardin…..

Mis en avant

Il y a quelques années j’avais été très frappée par la lecture d’un verset biblique en Jean 19,41:  dans le texte de la mise au tombeau de Jésus, à l’emplacement de la crucifixion il y avait un jardin, et dans ce jardin un tombeau tout neuf, où jamais personne n’avait été déposé. C’est le seul évangile ou il est mentionné que le lieu où le tombeau a été creusé est un jardin.
Jean 19, 41:  A l’endroit où Jésus avait été crucifié il y avait un jardin, et dans ce jardin un tombeau tout neuf où jamais personne n’avait été déposé. 

Ainsi, dans ce lieu de mort, à cet instant terrible de l’ensevelissement de Jésus dans un tombeau, il y avait un jardin, comme une contradiction, une incongruité: ce lieu qu’on imagine à prime abord sombre, froid, minéral et désertique, ne l’est pas!
Jean le dit avec insistance : Il y avait un jardin, et dans ce jardin... Le tombeau n’est pas à côté du jardin, il est dedans. Et si le tombeau nous parle de mort, d’ensevelissement, de coupure, de déchirure, le jardin nous parle de vie car ce jardin-là est aussi le lieu de la résurrection de Jésus

J’avais alors réalisé ce tableau: techniquement c’est une peinture déchirée, acrylique et huile, recollée sur un panneau de bois puis retravaillée et dorées dans les espaces vides.
Matérialiser la déchirure, le jardin, et la résurrection.

Dernièrement je suis revenue à ce verset, car ce qui m’a touché à ce moment-là est toujours présent. Creuser un plus loin ce chemin.
J’ai imaginé cet arbre comme enroulé autour de l’ouverture du tombeau.

Puisque ce jardin du tombeau est aussi jardin de la vie, jardin de la rencontre avec ceux qui sont dans la peine (Marie-Madeleine) , le voici miroir du jardin d’Eden, nouveau jardin d’Eden. Voici donc un arbre, comme l’arbre du “milieu du jardin” . Avec une once de luxuriance.

Il y avait un jardin

Restauration d’un Christ en plâtre

Voici quelques images des étapes de la restauration d'un Christ en plâtre . Cette oeuvre à été réalisée par Marek Szwarc en 1935. Elle est signée "Marek 35" et porte sur la coté la mention "Paris".

Christ en plâtre de Marek Szwarc

Christ en croix de Marek Szwarc

Oeuvre après restauration et repose en place.

Ce oeuvre de Marek Szwarc, mesure environ 130 cm X 130 cm pour une épaisseur d’une quinzaine de centimètres.

Très fragile en raison d’une déficience qualitative de la structure, elle montre plusieurs cassures sérieuses au niveau des bras horizontaux et au milieu du torse. La partie basse présente des pertes de matières importantes. Le Christ est modelé en bas-relief , directement sur la face de la croix.

La surface est poussiéreuse, le revers de la croix est noir, rempli de poussières et de salissures incrustées.

Ci dessous quelques images des altérations les plus sérieuses.

La couche polychrome, fragile et très fine, a été simplement dépoussiérée à la brosse douce puis nettoyée à  sec par gommage. Le revers de la croix, après un sérieux dépoussiérage par aspiration et une phase de test, à été nettoyée à l’aide d’un gel. Celui-ci piège les crasses en séchant,  puis est éliminé par pelage. 

Sur ces photos ont peu voir le pelage du gel, et la zone test nettoyée .

Une étape des plus importantes, a été la consolidation de la structure et bien sûr le collage des cassures. 

Au dos, des U métalliques ont été posés afin de maintenir les tasseaux en bois fixés par de la filasse. Ces tasseaux était en nombre insuffisant pour la cohésion et la rigidité de la structure, ce qui causé ces cassures importantes.

Après le collage des cassures puis la pose des U métalliques, des renforts en toile de verre ont été posés au revers de la structure sur les joints de cassures  pour consolider ces zones de fragilité.

Ci-dessous on peut voir la structure métallique qui redonne la rigidité aux branches horizontales et verticales, les renforts en fibre de verre, et la réintégration de l’extrémité inférieure de la croix après mise en place au sein de cette réintégration, d’une armature de consolidation en fil d’inox.

Après cet important travail de fond, la croix est remise sur l’endroit, et les lacunes, les plans de joints sont comblés,ces masticages ensuite mis à niveau.

 

Enfin, les masticages sont retouchés, ton sur ton et bord à bord.

Voici l’oeuvre de Marek après restauration.

Marek Szwarc, peintre et sculpteur polonais d’origine juive est né en Pologne le 9 mai 1892, à Zgierz. Il est mort à Paris le 28 décembre 1958. Ses premières œuvres, produites très jeune, ont disparues pendant la seconde guerre mondiale.

En 1910, MareK Szwarc arrive à Paris et s’installe à la Ruche ou il sera en contact avec d’autres artistes juifs, dont Marc Chagall, Soutine, Modigliani…Il suit les cours d’Antoine Mercier à l’école des Beaux-Arts. Avec le sculpteur ukrainien Joseph Tchaikov et le peintre, graphiste Yitzhak Lichtenstein il fonda une revue mensuelle consacrée à l’art juif.

En 1914, de retour en Pologne pour ses vacances, la guerre éclate, il est alors dispensé du service militaire grâce à une lettre d’Antoine Mercier au tsar. Il fait principalement de la peinture et épouse en 1919 Eugenia Markowa.

En 1920 le couple revient s’installer à Paris. Sous l’influence de Jacques Maritain, ils se convertissent au catholicisme. Les œuvres réalisées à cette époque par Marek Szwarc, sont des bas-reliefs représentant pour la plupart des sujets bibliques et évangéliques.

En 1921, en proie à des difficultés financières, le couple loue un appartement à Lectoure (Gers). Ils y resteront un an, Tereska, leur fille, est baptisée à la cathédrale. Marek Szwarc peint abondamment, et expose dans sa maison.

En 1937, pour l’exposition internationale, il réalise des bas-reliefs pour le pavillon pontifical.

En 1939, Marek Szwarc s’enrôle dans l’armée polonaise, pour combattre Hitler. Après avoir servi dans l’armée pendant trois ans, il est envoyé à Londres pour réaliser à la demande du Cardinal Hindsley, une plaque en argent martelé. Londres marque un nouveau tournant dans son oeuvre, il y travaillera exclusivement sur des sculptures en moulage et du cuivre martelé.

En 1945, il rentre à Paris avec sa famille et acquiert la nationalité française. Il s’installe dans son atelier au 65 boulevard Arago, où il restera jusqu’à sa mort. Une importante collection d’œuvres de Marek Szwarc, a été offerte au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme à Paris à la suite du décès de l’artiste.

Pour plus d’informations consulter :

Nieszawer & Princ : “Artistes juifs de l’École de Paris 1905-1939”. Éditions Somogy 2015 et expertise@ecoledeparis.org. http://www.desgensinteressants.org/marek-szwarc

L’entretien des objets dorés et polychromes

On me demande souvent :”Comment faire?”, pour entretenir, nettoyer, réparer voire “rénover” un cadre, un miroir, un objet doré ou polychrome.

Voici quelques petits conseils de bon sens à ce sujet :

Petit cadre doré, état avant restauration
Petit cadre doré, état avant restauration

On ne « répare » pas une œuvre d’art comme on recolle une chaise ! On ne “rénove” pas une statue, un bois doré comme on repeint un banc de jardin!
Toute opération sur un objet ancien est risquée, peut provoquer des dégâts irréversibles et la perte partielle ou quasi totale de la valeur financière de l’objet.
Bien souvent nous voyons des objets qui ont subis des nettoyages intempestifs, voire un rinçage au “karcher” pour éliminer du décapant (si, si, je l’ai vu!), des “restaurations ” faites à la maison qu’il faut ensuite dé-restaurer, rattraper… éliminer de la bronzine oxydée…

tests de nettoyages d'un cadre doré
Test de nettoyage d’un cadre doré XVIIIème

Un nettoyage par exemple, ne nécessite pas un temps de travail très long si l’objet est dans un bon état général. Ce n’est pas toujours très compliqué à faire, encore faut-il juste savoir le faire, autant pour le geste technique mais aussi quant aux produits à utiliser qui sont à chaque fois adaptés à la nature et à l’état de l’objet… Quelques heures de travail donc, à un tarif souvent bien inférieur à celui du garagiste local, alors que des dégâts à réparer après des “restaurations” sauvages, obligent souvent à rajouter un 0 au montant de l’intervention.

En bref : vous souhaitez faire vous même ? Par pitié, demandez un avis à un restaurateur professionnel !

Statuettes dorées avant restauration

A l’heure de l’extraordinaire développement du loisir créatif beaucoup de cours de toutes sortes se sont développés. Attention, ces cours ne peuvent être que des initiations aux techniques des métiers d’art et certainement pas des formations professionnelles, et ne permettent pas de pouvoir apprendre à faire soi même ce que les artisans et restaurateurs qualifiés mettent un certain nombre d’années à acquérir. (Leur coût est par ailleurs souvent injustifié. )

L’entretien des bois sculptés et dorés et de la statuaire : dont le mobilier (fauteuils, cadres, miroirs, baromètres, consoles, éléments d’ornementation des retables, consoles, piques cierge, statues, lutrin….):

Les solvants (White, Acétone, Alcool) peuvent être corrosifs pour la surface même utilisés sur un coton .

L’ammoniaque attaque les préparations à base de colles traditionnelles.

La feuille d’or est très fine, certaines couches de décors polychromes peuvent l’être aussi. Tous frottements, ou essuyages mécaniques (chiffon) provoquent des usures et doivent donc être évités!

La cire graisse les surfaces, favorise l’adhésion des poussières. Vieillie elle est difficile à éliminer. Les gouttelettes de cire des bougies et des cierges provoquent l’arrachement des couches de surface. Elles graissent en profondeur les couches de préparations et favorisent leur décollement du support. Ne pas cirer les objets ou les œuvres !

A proscrire complètement :

Console Louis XVI après restauration

Toutes les préparations nécessaires à la dorure et à la polychromie sont extrêmement sensibles à l’humidité. Les colles traditionnelles utilisées pour ces préparations se dissolvent dans l’eau. Toute apport d’humidité (lessivage, nettoyage à l’éponge …..) est extrêmement préjudiciable.

Les fausses dorures de type bronzine, cire dorées, vernis d’or dit riche ou véritable! Ces produits sont chargés en poudre de cuivre ou de laiton ou poudres métalliques qui s’oxydent très rapidement. Très vite la surface devient verdâtre ou noirâtre du plus vilain aspect. Les liants de ces poudres métalliques doivent être éliminés avec des solvants assez “méchants” qui peuvent être actifs sur les couches originales qui subsistent au dessous!

La seule façon de nettoyer est un dépoussiérage soigneux et doux, à l’aide d’un pinceau souple et fin (soie de porc longues et douces ou petit gris), en aspirant la poussière projetée par le pinceau avec un aspirateur et en étant attentif à ne pas cogner le tube de l’aspirateur sur l’objet.

Les bords intérieurs des miroirs seront sensibles au frottement qui provoque des usures, et aux projections de produits en spray, qui , formant des micro-gouttes corrosives, se déposent sur les enduits et étant actives même après leur évaporation provoquent leur altération.
Posez le produit non pas sur le verre mais sur le chiffon, passez bien a plat près des bords intérieurs en pliant au besoin le chiffon sur un petit couteau de peintre.

Pied d'encoignure altéré par des chocs.

Attention au pieds des meubles lors du ménage du sol : chocs dus aux balais, à l’aspirateur ou humidité des serpillières ou autres balais espagnols.

Pour la manipulation des objets peints ou dorés : la surface est sensible à l’humidité résiduelle des mains et à l’acidité de la sueur. Cette humidité va jusqu’à provoquer l’arrachement de la feuille d’or ou de la couche picturale pendant la manipulation. Pour déplacer les objets il faut porter des gants de coton doux ou des gants en vinyle ou en latex. 

Ensemble de siège Directoire en bois doré

Évitez de déplacer les fauteuils en  les soulevant par les accotoirs car c’est préjudiciable pour les assemblages du siège, mais soulevez-les par leur ceinture. 

Pour emballer un objet, évitez les tissus dont les fibres accrochent les soulèvements des couches de préparations, filmez les plutôt avec les films d’emballages ou même les films alimentaires du commerce, et ensuite dans du film à bulles ou éventuellement dans une couverture.

Quelques travaux restaurés ou en cours de restauration :