Restauration d’un Christ en plâtre

Voici quelques images des étapes de la restauration d'un Christ en plâtre . Cette oeuvre à été réalisée par Marek Szwarc en 1935. Elle est signée "Marek 35" et porte sur la coté la mention "Paris".

Christ en plâtre de Marek Szwarc

Christ en croix de Marek Szwarc

Oeuvre après restauration et repose en place.

Ce oeuvre de Marek Szwarc, mesure environ 130 cm X 130 cm pour une épaisseur d’une quinzaine de centimètres.

Très fragile en raison d’une déficience qualitative de la structure, elle montre plusieurs cassures sérieuses au niveau des bras horizontaux et au milieu du torse. La partie basse présente des pertes de matières importantes. Le Christ est modelé en bas-relief , directement sur la face de la croix.

La surface est poussiéreuse, le revers de la croix est noir, rempli de poussières et de salissures incrustées.

Ci dessous quelques images des altérations les plus sérieuses.

La couche polychrome, fragile et très fine, a été simplement dépoussiérée à la brosse douce puis nettoyée à  sec par gommage. Le revers de la croix, après un sérieux dépoussiérage par aspiration et une phase de test, à été nettoyée à l’aide d’un gel. Celui-ci piège les crasses en séchant,  puis est éliminé par pelage. 

Sur ces photos ont peu voir le pelage du gel, et la zone test nettoyée .

Une étape des plus importantes, a été la consolidation de la structure et bien sûr le collage des cassures. 

Au dos, des U métalliques ont été posés afin de maintenir les tasseaux en bois fixés par de la filasse. Ces tasseaux était en nombre insuffisant pour la cohésion et la rigidité de la structure, ce qui causé ces cassures importantes.

Après le collage des cassures puis la pose des U métalliques, des renforts en toile de verre ont été posés au revers de la structure sur les joints de cassures  pour consolider ces zones de fragilité.

Ci-dessous on peut voir la structure métallique qui redonne la rigidité aux branches horizontales et verticales, les renforts en fibre de verre, et la réintégration de l’extrémité inférieure de la croix après mise en place au sein de cette réintégration, d’une armature de consolidation en fil d’inox.

Après cet important travail de fond, la croix est remise sur l’endroit, et les lacunes, les plans de joints sont comblés,ces masticages ensuite mis à niveau.

 

Enfin, les masticages sont retouchés, ton sur ton et bord à bord.

Voici l’oeuvre de Marek après restauration.

Marek Szwarc, peintre et sculpteur polonais d’origine juive est né en Pologne le 9 mai 1892, à Zgierz. Il est mort à Paris le 28 décembre 1958. Ses premières œuvres, produites très jeune, ont disparues pendant la seconde guerre mondiale.

En 1910, MareK Szwarc arrive à Paris et s’installe à la Ruche ou il sera en contact avec d’autres artistes juifs, dont Marc Chagall, Soutine, Modigliani…Il suit les cours d’Antoine Mercier à l’école des Beaux-Arts. Avec le sculpteur ukrainien Joseph Tchaikov et le peintre, graphiste Yitzhak Lichtenstein il fonda une revue mensuelle consacrée à l’art juif.

En 1914, de retour en Pologne pour ses vacances, la guerre éclate, il est alors dispensé du service militaire grâce à une lettre d’Antoine Mercier au tsar. Il fait principalement de la peinture et épouse en 1919 Eugenia Markowa.

En 1920 le couple revient s’installer à Paris. Sous l’influence de Jacques Maritain, ils se convertissent au catholicisme. Les œuvres réalisées à cette époque par Marek Szwarc, sont des bas-reliefs représentant pour la plupart des sujets bibliques et évangéliques.

En 1921, en proie à des difficultés financières, le couple loue un appartement à Lectoure (Gers). Ils y resteront un an, Tereska, leur fille, est baptisée à la cathédrale. Marek Szwarc peint abondamment, et expose dans sa maison.

En 1937, pour l’exposition internationale, il réalise des bas-reliefs pour le pavillon pontifical.

En 1939, Marek Szwarc s’enrôle dans l’armée polonaise, pour combattre Hitler. Après avoir servi dans l’armée pendant trois ans, il est envoyé à Londres pour réaliser à la demande du Cardinal Hindsley, une plaque en argent martelé. Londres marque un nouveau tournant dans son oeuvre, il y travaillera exclusivement sur des sculptures en moulage et du cuivre martelé.

En 1945, il rentre à Paris avec sa famille et acquiert la nationalité française. Il s’installe dans son atelier au 65 boulevard Arago, où il restera jusqu’à sa mort. Une importante collection d’œuvres de Marek Szwarc, a été offerte au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme à Paris à la suite du décès de l’artiste.

Pour plus d’informations consulter :

Nieszawer & Princ : “Artistes juifs de l’École de Paris 1905-1939”. Éditions Somogy 2015 et expertise@ecoledeparis.org. http://www.desgensinteressants.org/marek-szwarc

Restauration d’un ensemble statuaire

Ensemble statuaire remarquable comme il y en a dans de nombreuses petites communes, celui ci à été restauré ces mois derniers et reposé en place.

Sise dans l’Eure, près de saint André de l’Eure, cette petite commune à entrepris une importante campagne de restauration de l’église et à poursuivi la sauvegarde de son patrimoine par la restauration des statues de l’église. D’époques différentes, 14ème au 17ème, elles sont toutes en bois, sauf la statue de Sainte Marguerite en terre cuite et celle de Saint Sébastien en pierre calcaire et plâtre.

Les voici ci dessous avant et après la restauration.

De gauche à droite : Ste Marguerite, St Méen, St Jean-Baptiste, Crucifixion: Jésus crucifié entouré de la Vierge et de St Jean, St Michel (les ailes ont disparues), St Sébastien, St Eterne (où Martin)

Comme toujours, la restauration est avant tout la sauvegarde de ce qui existe, la consolidation de ce qui est fragilisé, matière, structure, surface; la réintégration d’altérations visuellement ou structurellement gênantes et l’harmonisation de l’aspect visuel. Cela passe par des nettoyages, la dé-restauration d’interventions anciennes, des imprégnation de résines spécifiques à la restauration, les masticage de lacunes, les retouches des polychromies, etc…………….

Sur les dessins ci dessous (cliquez pour agrandir) vous pouvez voir: en rouge, les altérations: cassures, pertes de matières, fentes. En bleu pour Ste Marguerite le plan de joint des deux éléments en terre cuite,et pour St Sébastien les éléments rapportés en plâtre lors d’une restauration ancienne.Pour les autre statues: en bleu,vert ou rose clair, les zones attaquées et vermoulues par les insectes xylophages.

Voici donc après repose

Et pour finir un petit diaporama avant après, cliquez sur la première image.

Arlequin à l’atelier

Restauration ces mois derniers, d’une très jolie statuette d’Arlequin.

 Arrivé à l’atelier très sali, noirci par une patine abusive pour masquer des altérations et des usures, montrant des lacunes, des zones fragilisées, des repeints, et des zones oxydées…………bref, assez classique pour l’atelier, mais très jolie oeuvre.

      

 Le vêtement est entièrement doré, à l’or jaune pour l’endroit gravé de losanges ornés de petits bouquets de fleurs. Les revers sont dorés à l’or blanc recouvert d’un vernis transparent bleu. Les jambes sont elles aussi dorées à l’or blanc et les rayures réalisées avec des vernis transparent vert et bleu. Les manches, toujours de l’or blanc et de petites rayures garance et bleues.
Le nettoyage à été très délicat en raison de la fragilité de la dorure et du décor très fin.
Puis bien sûr une  phase de refixage des zones fragiles et des soulèvements suivi du masticage (stucage) des lacunes avec les matériaux spécifiques à la dorure pour pouvoir raccorder la feuilles d’or.
Au passage réintégrer une petite pointe de la coiffe.
Les étapes suivantes : couché de l’assiette, raccords de dorure, or jaune, or blanc et or vert, réintégration du décor,
et voilà!!!!
Tout simple en fait!